Présentation du projet de loi sur la modernisation des institutions de la
V République
Le 23 avril, le Premier ministre a présenté le projet de loi constitutionnelle de
modernisation des institutions de la Ve République en conseil des ministres.
Élaboré au terme d'une concertation achevée en décembre dernier sur la base des 77
propositions du rapport remis par le comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et
le rééquilibrage des institutions présidé par Edouard Balladur (JCP A 2008, act. 27 ; JCP G 2007,
I, 204 ; JCP A 2007, 2280), le texte propose une réforme d'ensemble des institutions.
Il vise principalement à renforcer le rôle du Parlement en lui accordant des prérogatives
nouvelles, notamment par l'institution d'un partage de l'ordre du jour entre le Gouvernement et le
Parlement, la limitation des cas de recours à la procédure de l'article 49, alinéa 3, de la
Constitution et la revalorisation du travail des commissions : hors lois de finances et de
financement de la sécurité sociale ou lois constitutionnelles, la discussion en séance portera
désormais sur le texte amendé par la commission saisie et non plus sur le projet du Gouvernement.
La capacité d'initiative du Parlement sera, en outre, renforcée avec l'introduction du droit
de voter des résolutions. La possibilité de créer de nouvelles commissions ou de mieux encadrer les
modalités d'exercice du droit d'amendement lui sera également offerte.
Le projet de loi prévoit, en deuxième lieu, de rénover le mode d'exercice du pouvoir exécutif,
notamment en limitant à deux le nombre de mandats consécutifs accomplis par le président de la
République et l'obligation de recueillir l'avis préalable d'une commission composée de
parlementaires sur certaines nominations effectuées par le Président de la République. Le nombre
maximum de ministres sera limité par une loi organique. De plus, le droit de grâce ne pourra plus
être exercé qu'à titre individuel, ainsi que le droit de message du président de la République au
Parlement.
En outre , il est prévu d'accorder aux citoyens des droits nouveaux : un mécanisme de contrôle
de la constitutionnalité des lois par voie d'exception permettra à tout justiciable de contester, à
l'occasion d'une instance où il est partie, la conformité d'une disposition législative à la
Constitution ; un défenseur des droits des citoyens sera chargé de recueillir les réclamations des
personnes qui s'estimeraient lésées par le fonctionnement d'un service public ; le Conseil
économique et social pourra être saisi par voie de pétition.
Enfin, la composition du Conseil supérieur de la magistrature sera modifiée : la présidence
des formations sera confiée au premier président de la Cour de cassation et au procureur général
près cette cour ; les magistrats ne seront plus majoritaires.
Source
Conseil des ministres, 23 avr. 2008, communiqué
Institutions - Exposé
des motifs
Institutions - Projet de loi